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L’OEA fait le point sur le rôle et les approches de l’éducation aux médias en Europe

L’OEA fait le point sur le rôle et les approches de l’éducation aux médias en Europe


Le 8 juin, à Varsovie, sous leur nouvelle Présidence (Pologne), pour une année, les membres de l’Observatoire Européen de l’Audiovisuel (OEA), dont le Maroc, représenté par M. Jamal Eddine Naji, Directeur Général de la Haca, ont fait, lors d’un séminaire d’experts, le point sur les approches et projets d’action en matière d’éducation aux médias ou sur les médias. Lors de la séance inaugurale, introduite par Mme Halina Rostek et M. Witold Kotodziejski, du conseil polonais de l’audiovisuel, et par Mme Susanne Nikoltchev, Directrice Exécutive de l’OEA, on a notamment fait le point sur la « cartographie de l’éducation aux médias en Europe, pratiques et actions » sur la base d’une étude qu’exposa Mme Maja Cappello, chef du département juridique de l’observatoire. Son collègue de l’OEA, M. Gilles Fontaine, s’est quant à lui arrêté sur la question : « comment l’accès aux contenus, notamment vidéo, a changé à l’ère numérique ? ».


Par la suite, Mme Ewa Murawska, du conseil de régulation de l’audiovisuel polonais, a exposé la vision sur la question de ce conseil qui fête sa 20ème année, alors que l’OEA fête sa 25ème année d’existence sous la tutelle du Conseil de l’Europe et avec le soutien financier de la Commission européenne.


Ce séminaire visait surtout à échanger sur des expériences nationales, en termes d’approches et de projets d’action. A cet effet, les quelque 40 experts et membres de l’OEA ont pris connaissance de trois expériences conduites soit par des instituions du monde de l’éducation ou de la diffusion audiovisuelle, soit par des régulateurs. C’est ainsi que trois expériences ont été retenues par les organisateurs : la finlandaise, la hongroise et la marocaine.


Dans son exposé, qui portait sur la vision et l’approche d’action de la Haca sur cette thématique, M. Naji a tout d’abord indiqué que ce « projet citoyen, ce défi à la citoyenneté » est retenu comme chantier stratégique dans la stratégie du régulateur marocain (2013/2017). A telle enseigne que, d’une part, il est conduit par la Présidente de l’institution elle-même, et que, d’autre part, il est depuis près de deux ans, au centre de relations concrètes de partenariat avec l’Unesco, via son bureau régional en Afrique du Nord, dans le cadre du grand programme de l’agence onusienne « Media Information Literacy » (MIL).


Rappelant comme références auxquelles s’adosse le projet d’action de la Haca en la matière (« choix démocratique » constitutionnalisé en 2011, incorporation de l’éducation aux médias dans les textes encadrant l’audiovisuel et la Haca, obligations des cahiers des charges, notamment pour l’audiovisuel public…), M. Naji a défini trois piliers de l’approche de la Haca : protection, promotion et participation. Avec comme objectifs à réaliser : connaître ou savoir, comprendre et agir. Ceci, en direction, en partenariat et en synergie avec tous les acteurs concernés : l’école, le pôle public audiovisuel, les médias privés, les professionnels des contenus, les régulateurs et autres médiateurs et comités d’éthique…


Comme illustration d’initiatives significatives qui confortent l’approche de la Haca qui promeut et encourage toute synergie possible dans le domaine, M. Naji a brièvement exposé le programme, bien singulier dans la région et sur le continent, que déploie depuis des mois, « Arrabita Al Mohammadia des Oulémas » consistant en une « stratégie digitale » qui, par le biais de différentes plateformes, propose à diverses catégories d’âges (enfants, adolescents, jeunes adultes) des contenus qui déconstruisent les discours fallacieux et extrémistes diffusés dans la médiasphère en matière de religion et dans ce qui touche à l’identité et la mémoire nationales…(www.arrabita.ma; www.arrabitacademy.ma; www.chabab.ma; www.alfetra.ma). Cette expérience marocaine, ainsi que l’expérience finlandaise, qui a débuté pratiquement fin des années cinquante du siècle dernier au niveau du système scolaire et universitaire, ont particulièrement suscité nombre de réactions et débats comparativement à un grand nombre d’expériences en Europe où des stratégies ont du mal à impacter les populations cibles : enfants, jeunes, éducateurs, parents, professionnels des médias et large public des utilisateurs des technologies et outils du numérique.


Par ailleurs, le lendemain de ce séminaire, le 9 juin, les membres de l’OEA ont tenu la 57ème réunion de leur Comité Exécutif dont l’ordre du jour portait notamment sur la validation du budget 2017, l’adoption du plan d’action 2018 et la reconduction du mandat de la directrice exécutive. Les délibérations ont aussi porté sur nombre d’événementiels que l’OEA compte organiser comme célébrations de son 25ème anniversaire, d’ici juin 2018, date à laquelle la Présidence du comité exécutif passera de la Pologne à la France.